"Tombé petit dans la potion magique..."

C'est ainsi que s’est présenté le professeur Gilbert Dalgalian à ses auditeurs, rassemblés ce vendredi 14 octobre dernier à Clis, à l'initiative de l'école Diwan de Guérande, école bilingue français/breton. Linguiste et lui-même bilingue précoce, le scientifique a développé le sujet avec un peu d’amour et beaucoup de simplicité : « Comment apprend-on lorsqu’on est petit ? »

Grâce au sens de l’écoute de son intervenant, la conférence, gratuite et ouverte au grand public, avait l’allure d’un témoignage-débat peu formel. "Pourquoi, avec ses cent milliards de neurones, le bébé humain ne sait-il « rien » faire ?" Alliant son savoir de linguiste avec les données des scientifiques, neurologistes et ethnologues, Mr Dalgalian a dévoilé les conséquences de ce paradoxe du bébé humain. Les auditeurs ont ainsi pu comprendre quelle est la part du potentiel génétique et de l’environnement dans les processus d’apprentissage mais aussi pourquoi l’assimilation en bas âge de deux ou trois langues maternelles n’est pas un handicap mais bien un bénéfice pour les apprentissages ultérieurs et la vie adulte.

« Le bilinguisme précoce a une valeur formatrice supérieure à l’éducation monolingue. C’est la première université de votre petit plurilingue en herbe » a affirmé le professeur avec sourire. Il a également précisé qu'introduire une autre langue dans un environnement porteur, dès le plus jeune âge et avant l'âge de 7 ans, donne à l'enfant une grande plasticité intellectuelle. Après 7 ans, les neurones non sollicités tombent en désuétude. Par ailleurs, « Il est impossible que le bilinguisme précoce pratiqué à l’école avant 7 ans puisse mener vers un quelconque communautarisme », a défendu le professeur avec force. Baigné dans deux langues, le petit «est construit organiquement vers l’ouverture!" Il s'agit en effet de l’ouverture à l’universalité du monde et de l’humanité puisque « toutes les langues sont construites sur les nécessités universelles relatifs au corps humain, au temps, à l’espace, et aux interactions sociales. Votre petit touche du doigt le fait que ces réalités sont les mêmes dans toutes les cultures et langues même si les mots qui les expriment sont différents."

A ceux qui s'interrogeraient sur la pertinence du choix du breton ou d'autres langues régionales ou frontalières (allemand, italien...) au lieu de l'anglais, Mr Dalgalian répond que l'anglais avait tendance à exclure les autres langues ("je sais l'anglais donc je n'ai pas besoin d'apprendre d'autres langues") et qu'il est primordial de les préserver toutes face à l'anglais.

« Je suis ravie de pouvoir participer à cette rencontre » témoigne la maman d’Armel, jeune élève de l'école Diwan de Guérande. « J’étais déjà convaincue par l’immersion comme moyen d’apprendre une langue dès la petite enfance. Nous parlons deux langues maternelles à la maison, et nous avons donné à notre fils la possibilité d’apprendre également le breton. (...) Cette conférence m’a beaucoup réconfortée sur le plan émotionnel : vivre les langues au quotidien, avec le cœur et la joie, c’est le moyen sûr d’attirer nos enfants dans la voie qu’on désire profondément. Après, il y a les donnés scientifiques qui ne me laissent plus aucun doute sur le choix que nous avons fait pour scolariser Armel à l’école bretonne. Dommage qu'il n'y ait pas plus de monde ce soir pour entendre cette vérité scientifique, surtout lorsqu'elle est présentée de façon si accessible par un professeur aussi qualifié que Mr Dalgalian» ajoute la maman d’Armel.

Gilbert Dalgalian a ainsi convaincu son public ce soir-là de tous les avantages apportés par l'introduction d'au moins une autre langue dès le plus jeune âge. Pour en savoir plus : « Enfances Plurilingues » – Témoignage pour une éducation bilingue et plurilingue. De Gilbert Dalgalian . Ed. L'Harmattan, 2000

Vous êtes attiré par le bilinguisme précoce pour votre enfant ? Vous pouvez également vous renseigner auprès de notre école (voir nos coordonnées à la rubrique "Diwan Guérande")

Vous pouvez également lire les notes prises pendant la conférence par un parent d'élève (fichier en pièce jointe). Bonne lecture.

 Une bonne raison supplémentaire pour inscrire votre enfant à Skol Diwan ....

 

Je ne suis clairement pas d'origine bretonne : je suis belge et je ne vis en Bretagne "historique" que depuis 6 ans. Mon épouse est quant à elle d'origine picarde. Rien de breton dans nos veines, donc : nous sommes arrivés ici en suivant les méandres de la vie. Nous avons pourtant fait le choix d'inscrire nos enfants à Diwan et nous sommes jusqu'à nouvel ordre totalement satisfaits de ce choix.


Trois motivations principales nous ont amené à le faire :


- La survie des cultures régionales : A l'heure de la mondialisation et de l'uniformisation des cultures, je considère la disparition des particularités régionales comme un appauvrissement culturel inquiétant. Or, les cultures sont intimement liées aux langues qui les véhiculent. La sauvegarde de ces dernières me semble donc primordiale. Je vis en Bretagne, j'apporte ma petite pierre à l'édifice, par l'intermédiaire de mes fils, en tentant de participer à la sauvegarde de la langue locale. Je ferais pareil si je vivais ailleurs.
- Le bilinguisme : Ayant passé la majeure partie de ma vie dans un pays bilingue, j'ai pu en mesurer les apports indéniables : l'ouverture à une autre culture, forcément et toujours enrichissante, et l'intérêt en terme de "connexion des neurones" du fait de côtoyer au quotidien une autre langue dès le plus jeune âge. Vivant maintenant dans un pays qui ne connaît pas le bilinguisme, je peux vous assurer que je suis plus que jamais convaincu par ce dernier point. Je travaille pour ma part en milieu scolaire "républicain normal" et je ne peux que constater l'effrayante faiblesse du niveau des élèves de collège en langues étrangères (entre autres). A l'heure de la mondialisation, puisqu'il faut bien vivre avec, la France se met en mauvaise posture à ce niveau, et cet aspect linguistique n'en est jamais qu'un aspect tangible.
- Les petits effectifs : l'intérêt éducatif des petits effectifs et des niveaux mélangés qui ne peuvent être que profitables à la prise en charge individuelle et personnalisée des enfants. Ceci est à mettre en opposition avec la tendance actuelle de l'enseignement conventionnel à supprimer ou réduire les prises en charges personnalisées : suppression des RASED, des AVSCo, réduction du nombre de classes et donc augmentation du nombre d'élèves par classe, etc...


Je rajoute à ces points fondamentaux l'aspect social d'une école associative où chacun est responsabilisé et impliqué pour faire vivre l'école. Je mets également ce point en opposition avec l'école publique, que je connais bien pour y travailler, je le répète, que bon nombre de parents considèrent comme un self-service où tout est dû.